13.06.2009

Suspension de la pêche au saumon et de la truite de mer sur la Sienne

la préfecture de la Manche vient de prendre un arrêté de suspension de pêche du Saumon et Truite de mer, sur le bassin de la Sienne :

http://www.manche.pref.gouv.fr/evenements/pop_event.asp?i...

 

15.12.2008

« Retour aux sources... »

 

C’est le nom de l’album photos que nous vous invitons à découvrir. Il permet de mettre en évidence l’un des impacts d'une activité humaine sur l’environnement : la maïsiculture. En effet,  les pluies, sur des sols rendus nus par les semis ou l'ensilage du maïs, entraînent la déstructuration des sols par la disparition de l’humus et de son complexe argilo-humique si utile à la rétention de l’eau, de l’air et des sels minéraux. Ainsi, ces sols tassés, asphyxiés, imperméables servant juste d’ancrage à cette culture fourragère, vomissent leur terre souillée par les engrais et les pesticides dans les rivières pourtant si utiles au bétail en période estivale.
L’eau, n’est-elle pas le premier facteur de production de l’agriculture ? Alors pourquoi scier cette branche où l’on est assis avec autant de vigueur ?

10.12.2008

Première explication de texte relatif à l’article « Les saumons du bassin versant de la Sienne, ces oubliés »

 

Nous sommes contents que certains articles de ce blog fassent l’objet de réactions. C’est l’un des intérêts de ce type de communication. Pour plus de réactivité et de transparence, nous invitons les personnes en contradiction avec le contenu de certains articles de répondre en direct sur le blog en rédigeant un commentaire dans la partie réservée à cet effet.

Préambule : Lorsqu’on critique un écrit, quel qu’il soit, il convient de ne pas déformer le propos d’une part et d’autre part de resituer la phrase incriminée dans le contexte général de l’article.
Certains pêcheurs de saumon de la Sienne dont le président de la Commission saumon de l’AAPPMA La Sienne critiquent l’article en invoquant le caractère calomnieux d’un passage de l’article que voici:
« Bien sûr, il y a les pêcheurs de saumons de la Sienne d’aujourd’hui. Ces quelques dizaines de pêcheurs sont des autochtones qui pratiquent cette activité de longue date. Ces derniers ont créé une commission saumon fonctionnant à huis clos. Leur préoccupation principale est, selon notre association, l’amélioration de leurs conditions de pêche en « nettoyant » le parcours qu’ils fréquentent régulièrement. Dessouchage, enlèvement d’embâcles sont réalisés sans concertation avec les techniciens rivière de leur AAPPMA ou du Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Entretien de la Sienne. Ils tentent de réguler l’activité de braconnage liée à cette espèce dont certains braconniers sont, selon leurs dires, des membres de cette commission. L’élaboration d’un plan de gestion durable de cette espèce en voie de disparition ne fait malheureusement pas parti des priorités de cette commission. Leur relation avec des personnes extérieures à leur commission est complexe et souvent emprunte de méfiance. »
071208 (2) bis.jpgCommentaire : « Ces derniers ont créé une commission fonctionnant à huis clos ». En effet, si vous n’êtes pas pêcheur de saumon, il vous sera impossible d’intégrer cette commission car, selon le « président » de cette commission, il n’y a que les pêcheurs de saumons qui connaissent le saumon. De ce fait, toute autre personne, et à fortiori notre association, n’a pas la connaissance suffisante pour avoir un avis fondé sur la gestion de cette espèce. Il est vrai que L’Hydroscope est loin de tout connaître sur cette espèce et la biodiversité de ce bassin versant. D’ailleurs, il nous semblerait déplacé et prétentieux de le prétendre.

« Leur préoccupation principale est, selon notre association, l’amélioration de leurs conditions de pêche en « nettoyant » le parcours qu’ils fréquentent régulièrement. Dessouchage, enlèvement d’embâcles sont réalisés sans concertation avec les techniciens rivière de leur AAPPMA ou du Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Entretien de la Sienne ».
Il est évident que notre association ne peut qu’encourager ce type d’initiative qui nous semble beaucoup plus constructive, si elle est bien pratiquée, que celle de vouloir mettre des boîtes Vibert de saumons. Cependant, il nous paraît fondamental d’entreprendre ce type d’activités en partenariat avec la structure compétente de notre bassin versant à savoir le SIAES. Là aussi, cette proposition est rejetée par le président de la commission qui affirme que depuis 35 ans qu’il effectue cette activité, on n’a rien à lui apprendre dans ce domaine.

« Ils tentent de réguler l’activité de braconnage liée à cette espèce dont certains braconniers sont, selon leurs dires, des membres de cette commission ».

De cette proposition, la partie critiquée est : « dont certains braconniers sont, selon leurs dires, des membres de la commission ». 071208 (9) bis.jpgContrairement aux critiques formulées, nous n’écrivons pas que tous les pêcheurs de saumons sont des braconniers. Notre association a de très bons contacts avec certains d’entre eux. Cependant, lorsque vous rencontrez un pêcheur de saumons, il vous fait généralement cette remarque. Dans la mesure où les personnes qui l’attestent, qu’elles fassent parties ou non de la commission saumon, ne nous contactent pas pour contester les propos qu’elles nous ont tenues, il n’y a aucune raison pour que nous modifions notre propos.
En conclusion, à la différence de bien des régions de France, il est clair qu’actuellement l’avenir du saumon de la Sienne ne peut pas être confié à la seule commission saumon de l’AAPPMA de la Sienne. Doit-on rappeler que pour celle-ci la multitude des seuils présents sur la Sienne est salutaire à la présence de cet animal dans ce cours d’eau? Souhaitons que cet échange de points de vue fasse évoluer les mentalités et que les prochaines élections du conseil d’administration de l’AAPPMA de la Sienne offrent de meilleures perspectives à la biodiversité du BV de la Sienne.

04.09.2007

Les saumons du bassin versant de la Sienne, ces oubliés

Cet article fait suite à la capture à la ligne de tacons sur l’un des affluents de la Sienne  : la Bérence. Cet événement renouvelé chaque année nous interpelle quant à la volonté réelle d’agir des différentes personnes actuellement concernées par cet animal et sa préservation.


Lorsqu’on parle de la Sienne et de ses saumons, une multitude de réactions peuvent être perçues.
Pour la plupart des personnes rencontrées le saumon n’existe pas sur le bassin versant de la Sienne et c’est toujours avec le plus grand étonnement qu’ils apprennent sa présence.
Vous pouvez également rencontrer des nostalgiques. Ce sont souvent des riverains ou d’anciens pêcheurs de la Sienne qui se rappellent de cette époque de plus en plus lointaine où ce fleuve côtier permettait de capturer en grand nombre le poisson roi. Pour eux, l’histoire du saumon atlantique appartient au passé.
Bien sûr, il y a les pêcheurs de saumons de la Sienne d’aujourd’hui. Ces quelques dizaines de pêcheurs sont des autochtones qui pratiquent cette activité de longue date. Ces derniers ont créé une commission saumon fonctionnant à huis clos. Leur préoccupation principale est, selon notre association, l’amélioration de leurs conditions de pêche en « nettoyant » le parcours qu’ils fréquentent régulièrement. Dessouchage, enlèvement d’embâcles sont réalisés sans concertation avec les techniciens rivière de leur AAPPMA ou du Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Entretien de la Sienne . Ils tentent de réguler l’activité de braconnage liée à cette espèce dont certains braconniers sont, selon leurs dires, des membres de cette commission. L’élaboration d’un plan de gestion durable de cette espèce en voie de disparition ne fait malheureusement pas parti des priorités de cette commission. Leur relation avec des personnes extérieures à leur commission est complexe et souvent emprunte de méfiance.
Enfin, il y a ceux qui étudient cet animal : l’ONEMA (ex-CSP), la fédération départementale de la pêche et de protection du milieu aquatique, l’INRA, l’Agence de l’Eau Seine Normandie et la DIREN. Plusieurs observations nous incitent à nous interroger sur l’efficacité de ces structures. En effet,  pourquoi la Vanne avec ses 17 000 m2 d’équivalent radier-rapide, reste-t-elle toujours inaccessible aux poissons migrateurs malgré son classement au titre du L. 232-6 dont l’échéance de mise en conformité des ouvrages concernés était fixée au 18 avril 2002 ? Pourquoi s’intéresse-t-on à assurer seulement une continuité écologique entre le havre de la Sienne et l’Airou alors que le saumon pourrait frayer jusqu’en aval du barrage du Gast comme cela a été constaté en 2005, année où les débits ont permis au saumon de franchir des seuils (Villedieu notamment) particulièrement difficiles en période de faible débit. De même, la Soulles  , considérée comme un système hydrographique à part entière eu égard sa confluence située très en aval sur la Sienne , presque dans le havre n’accueille les saumons que lorsque les débits d’eau hivernaux sont suffisants alors qu’ils suffiraient de supprimer où d’aménager les seuils de la papeterie et du moulin du Gruel. Ne parlons pas de la Vanne , de la Gièze , de la Bérence…

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L'un des tacons capturé (environ 15cm) sur la Bérence le 1er septembre 2007 à 5 km de la confluence avec la Sienne

 
Le saumon de la Sienne ne doit pas se limiter à l’Airou et à la partie de la Sienne située en aval de la confluence avec l’Airou (Pont Rouge). Le bassin versant de la Sienne possède un important potentiel salmonicole à développer. Des opérations de restauration ont été engagées sur la Sienne , la Soulles. C ’est bien mais cela demeure insuffisant. A quoi bon restaurer ces milieux si les migrateurs susceptibles de s’y reproduire ne peuvent y parvenir ?
Quels sont les objectifs de ces organismes? De quels moyens disposent-ils ? Là aussi, il est difficile de connaître au niveau local les déclinaisons des grands objectifs de leur programme. Ont-ils un programme commun ? Un tableau de bord ? Se réunissent-il ensemble ? Il est dommage que ce travail réalisé par des personnes compétentes reste confidentiel et non accessible aux personnes extérieures à ces structures. Quelle application font-ils des recommandations de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau laquelle « réaffirme l’importance de la connaissance des milieux aquatiques, et renforce les exigences en matière de production de données et de mise à disposition de cette connaissance ». Il y a soi disant un projet de centre d’information du saumon sur la Sienne. Lorsque vous interrogez le président de l’AAPPMA, celui-ci vous apprend qu’il n’a pas la connaissance de ce dossier. Qui est à l’origine de cette initiative ? Dans quel type d’action s’inscrit-t-il ? Mystère.
Ne parlons pas de Natura 2000 et du bassin versant de l’Airou. Le document d’objectifs a été validé au début des années 2000 et mis au placard pour de simples raisons financières. Aujourd’hui Natura 2000 réapparaît. Oublions le temps perdu, le travail de sensibilisation auprès des riverains anéanti. Souhaitons que cette politique du tango, un pas en avant deux en arrière,  se termine enfin si nous voulons véritablement participer à stopper la régression de la diversité biologique.

Apprendre à communiquer, fédérer les énergies, entretenir une dynamique… est essentiel à la réussite des actions entreprises pour la sauvegarde de notre diversité biologique. Le savoir ne doit pas être le privilège de quelques uns. Il doit être partagé par le plus grand nombre. C’est par la vulgarisation de la connaissance et seulement par celle-ci qu’il sera possible de préserver durablement le saumon de la Sienne.

 

14.03.2007

Le saumon source de conflits!

Suite de la note "d'une information à l'autre"

Une histoire de pouvoir?

Au XVe siècle, le saumon, devenu onéreux, excite la convoitise et provoque parfois des conflits assez sérieux. C'est le cas en 1489, entre l'évêque de Coutances et le seigneur Jehan Destieville, détenteur de la pêcherie de Montchâton dont nous avons déjà parlé. La cause de ce conflit qui empoisonna les relations de ces seigneuries aux XVe et XVIe siècles se trouve dans une petite pêcherie située sur la Soulles, en amont de la pêcherie de Montchâton. La pêcherie de cet affluent de la Sienne donnait chaque année 3 à 4 saumons à l'évêque.medium_Pont_Neuf_Montchaton.jpg

Des saumons échappaient donc aux pêcheries de Montchâton installées un peu plus en aval. Jusqu'au XVe siècle, ce manque à gagner importait peu au seigneur de Montchâton, 3 à 4 saumons dans l'année ne pouvaient pas le ruiner. Par contre, au XVe siècle avec la rareté de ce poisson, ces prises annuelles représentaient un revenu non négligeable. D'où l'initiative du seigneur de Montchâton de récupérer cette pêcherie.

Des religieux victimes du droit de pêchemedium_Abbaye_de_Hambye.4.JPG

Ces faits se sont déroulés sur les berges de la Sienne, à l'abbaye de Hambye (photo). En 1263, un procès ensanglanta les bords de Sienne. Le Sire de la Haye-Comtesse avait concédé à l'Abbaye le droit de pêche sur les deux rives. Cependant, un écuyer, Henri Lehoux, vient un jour pêcher avec ses gens. Un moine, averti, arrive pour les en empêcher. Les domestiques le tuent à coups d'épée. Le procès dura cinq ans, et on ne connaît pas la sentence. Un pauvre moine anonyme est mort dans le pré de l'abbaye, victime du droit de pêche.

 

D'une information à l'autre

medium_Ver.JPGLa plupart de ces informations sont extraites du "journal de l'histoire médiévale de Xavier Halard" et n'engagent que leurs auteurs car certaines demandent à être approfondies. Cependant, elles nous permettent de voyager sur un court intervalle de temps de notre histoire.

La pêche du saumon aux XIe et XIIe siècle:

C'est la période où l'on pêche le plus de saumons. Les abbayes et les évêchés reçoivent alors en donation des pêcheries de saumons, sans que les donateurs apportent beaucoup de restriction à ces largesses. Il s'agit le plus souvent de la dîme de cette pêche, parfois d'une autorisation accordant le droit de récupérer dans une pêcherie tous les saumons attrapés pendant une durée bien limitée.

Ce fut le cas pour l'abbaye de la Lucerne d'Outremer en 1192, cette abbaye étant installée sur les berges d'un petit fleuve côtier, voisin de la Sienne, le Thar. Il devait y avoir abondance de saumons au moment de leur remontée et l'économie autarcique qui existait encore à cette époque n'en facilitait pas l'écoulement.

La pêche au saumon au XVe siècle

Au XIIIe siècle, en Normandie, la croissance économique avait ptovoqué la raréfaction du saumon.

La guerre de 100 ans eut d'importantes conséquences sur l'économie médiévale et affecta principalement les moulins. Moins de moulins cela signifiait aussi moins de pêcheries et moins de pêcheurs. Tout portait donc à croire que le saumon se multiplia pendant cette période de crise.

En 1221, l'Abbaye de Lessay recevait l'autorisation de récupérer tous les saumons pris dans la pêcherie de Montchâton, installée à l'entrée du havre de la Sienne, du samedi après le coucher du soleil jusqu'au dimanche matin. Une telle rente lui permettait d'après nos calculs de pêcher chaque année, au début du XIVe siècle une vingtaine de saumons et ce malgré les faibles rendements de l'époque. Or, une pièce de 1423 indique que l'abbaye de Lessay, ne prend, un siècle plus tard, que 6 saumons. La comparaison de ces deux chiffres montre que la population ne s'était pas reconstituée pendant cette période et qu'au contraire cette situation avait empiré.

Il est fort probable que l'extension des friches eut un rôle néfaste sur les populations de saumons. Le paysan, au XVe siècle ne manque pas de bois de chauffage. Il n'a pas besoin de retirer des rivières le bois mort dont il se servait. Toutes ces branches qui étaient enlevées de la rivière ne le sont plus ce qui provoquent la formation de dépôt de vase. De plus, ces morceaux de bois stagnent dans la première porte leur donnant accès à l'eau douce.