10.11.2008
Un nouvel album photos consacré aux truites
Nous vous proposons un nouvel album photos montrant des truites de notre bassin versant en pleine action de montaison.
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22.06.2008
L’écrevisse à pattes blanches, une autre espèce indigène du bassin versant de la Sienne à préserver.
Description
La longueur totale des adultes varie de 75 à 120 mm. L’écrevisse à pattes blanches est de couleur brun-verdâtre sur le dessus du corps et blanchâtre en dessous. Son rostre* à bords lisses possède une arête médiane peu marquée et non dentelée. Une rangée d’épines est visible en arrière du sillon cervical. Ses chélipèdes* sont légèrement asymétriques. 5 paires d’appendices chez le mâle, ou 4 chez la femelle, appelés pléopodes, sont insérées sur la face ventrale de l’abdomen.
Biologie et écologie
Crépusculaire à nocturne, elle se cache, pendant la journée, sous les pierres, dans les racines ou dans les abris sous les berges des ruisseaux. Elle se nourrit principalement d’insectes aquatiques, de mollusques, de petits poissons mais également de végétaux. Si les conditions deviennent localement défavorables, elle est capable de se déplacer durant la nuit hors des ruisseaux en remplissant d’eau sa cavité branchiale rigide.
La période de reproduction s’étale d’octobre à juin et les accouplements ont lieu entre novembre et décembre. Quatre à dix jours plus tard, les femelles pondent environ 80 à 90 œufs qu’elles portent entre leurs pléopodes jusqu’au printemps. Les œufs éclosent aux mois d’avril et mai.
Le nombre de mues, qui se produisent de juin à septembre, varie de 2 à 7 par an. La maturité est atteinte entre la troisième et la septième année. Les individus peuvent vivre jusqu’à une douzaine d’années mais rares sont les écrevisses qui dépassent les 6 ans.
Cette écrevisse vit préférentiellement dans les eaux courantes, fraîches, bien oxygénées et riches en calcium, aux fonds graveleux et pierreux et dont les berges possèdent des racines.
Dans notre région, elle se trouve dans quelques secteurs où les eaux sont pauvres en calcium. Dans ces conditions, elle ne peut sans doute assurer ses mues qu’en remobilisant le calcaire contenu dans ses gastrolithes*.
Espèce protégée aux niveaux national (arrêté du 21/07/1983), européen (Annexe II de la directive Habitats) et international (Annexe III de la convention de Berne).
La forte régression de cette espèce s’explique par la dégradation de la qualité de l’eau, la rectification et le recalibrage des berges, les maladies champignons, parasites*), la surpêche (taille légale de capture fixée à 9 cm) et l’introduction d’espèces concurrentes comme les écrevisses américaines Orconectes limosus et Pacifasctacus leniusculus.
* Les gastrolithes sont des nodules calcaires situés dans l’estomac et constitent une réserve de carbonate de calcium nécessaire pour reconstituer l’exosqueltte après la mue.
PS:Article largement inspiré d'une publication du GRETIA
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18.02.2008
La moule perlière (Margaritifera margaritifera), l’une des pépites écologiques du bassin versant de la Sienne
Cette espèce, devenue rare et menacée de disparition, a été découverte en 2007, sur l’Airou, cet excellent ruisseau pépinière pour le saumon atlantique. Aujourd’hui, dans notre région bas-normande, ce mollusque bivalve dulcicole subsiste dans certaines rivières:
- - La vallée de l’Orne et ses affluents située à l’est de Condé sur Noireau dans les secteurs de Clécy Le Bo, Berjou, Les Isles-Bardel
- - La vallée du Sarthon et ses affluents située à l’ouest d’Alençon.
Au premier abord, cette naïade n’a rien pour séduire le commun des mortels :
Ce mollusque de grande taille, dont les valves sont de couleur noirâtre, vit enfoui dans les substrats de graviers non colmatés des cours d’eau. Malgré ce handicap certain, ce lamellibranche fait parti d’un groupe portant le nom troublant de Naïades, ce dernier se subdivisant en 2 familles, les unionidae et les margaritiferidae
Doit-on pour autant comparer ces mollusques à ces nymphes des rivières et des sources de la mythologie greco-romaine ? A vous de juger.
Une usine à fabriquer des perles ?
Comme son nom l’indique, la moule perlière peut produire une perle. Cette larme pétrifiée des dieux, pour les romains, se forme lorsqu’un intrus irritant (ver parasite, fragment végétal, bactérie,…) s’introduit par inadvertance entre la paroi interne de la coquille et le manteau. Pour se protéger, la moule va l’enrober de nacre (ce n’est rien d’autre que du carbonate de calcium) en couches sphériques et concentriques. Afin de dissuader les éventuels spéculateurs, ces fragments d’éclair tombés dans la mer, autre représentation des perles donnée par les grecs, sont produits en très petite quantité (une moule sur 1000) et n’ont aucune valeur commerciale!
Le véritable trésor de la moule perlière
Mais le véritable trésor de la moule perlière réside dans son cycle de vie, véritable merveille de la complexité. Lorsque toutes les conditions sont réunies, les différentes phases suivantes peuvent alors se succéder les unes aux autres :
Les moules sont sexuellement matures à l’âge de 12-20 ans et peuvent se reproduire au delà de 70 ans. En été, les mâles rejettent leur sperme dans l’eau. Les femelles inhalent celui-ci et la fécondation des œufs se fait à l’intérieur de la coquille. Les œufs fécondés se
développent en larves ou glochidies. Ces glochidies, en forme de pince, sont rejetées par millions dans l’eau à la fin de l’été.
Pour survivre ces larves doivent impérativement s’accrocher à l’aide de leurs crochets et de leur filament, pour une période de 10 mois, sur les branchies d’un juvénile de truite fario ou de saumon atlantique. Sans le savoir, ces salmonidés assurent la dissémination de ce parasite dans la
rivière! Au printemps, les larves, métamorphosées en jeunes moules, se détachent du salmonidé et tombent sur le fond. Ensuite, pendant 3 à 5 années cet animal va vivre enfoui dans les sédiments et poursuivre sa croissance. C’est alors que cette naïade maintenant capable de filtrer l’eau pour se nourrir, remonte à la limite entre l’eau libre et les sédiments. Elle peut alors vivre jusqu’à cent ans dans nos régions, voire 300 ans dans les pays de l’Europe du Nord. C'est de fait l'un des invertébrés à la plus grande espérance de vie au monde.
Une exigence écologique hors normes
L’une des autres caractéristiques de cet animal est son extrême sensibilité à la qualité de l'eau et de son milieu naturel. La moule perlière est très sensible à la population chimique de l’eau en général et constitue l’espèce aquatique la plus sensible aux nitrates (supporte jusqu’à 1,7 mg/l) et aux phosphates (supporte jusqu’à 0,03 mg/l). Au-delà de ces seuils, le renouvellement des populations n’est plus assuré car c’est au stade larvaire que la moule est très sensible à ces concentrations. L’accomplissement de son cycle de vie témoigne d'un cours d'eau extrêmement préservé.
Une espèce parapluie
Son exigence vis-à-vis des salmonidés, de son substrat, de la chimie des eaux font de cette espèce une espèce parapluie car sa conservation bénéficie à l’ensemble des espèces du cours d’eau, du zooplancton au poisson.
Un enjeu patrimonial
Sur l’Airou, il semblerait que la population de cette espèce est vieillissante car la production de juvéniles semble compromise par une qualité d’eau insuffisante.
La préservation de ces derniers individus doit devenir une priorité. Pour cela, il devient nécessaire d’intégrer la préservation de l’habitat de cette espèce parapluie au document d’objectifs du site Natura 2000 de l’Airou et de décliner un programme d’actions à mettre en œuvre. Des expériences au niveau national sont en cours de réalisation. Celle-ci pourraient constituer l’amorce de cette réflexion.
Bibliographie
De nombreux documents sont venus enrichir ce propos :
ANSAMMEL Jennifer et CALVET Lucie, 2006 : Comment évaluer l’effet sur le patrimoine naturel le classement d’un territoire en parc naturel régional Mémoire de master 2 professionnel EDMR « espaces et milieux »
Le Bulletin de liaison des mollusques d’Auvergne, numéro spécial : Les Naïades d’Auvergne
Programme LIFE NATURE 2002 – 2007 Protection des habitats de la moule perlière en Belgique Bilan final du projet
France Inter ; La Perle 15 février 2008 « La tête au carré »
BOUE H. et CHANTON R., zoologie invertébrés 1978
…
12:00 Publié dans 31 La biodiversité sur le bassin versant de la Sie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.10.2007
Recherche demoiselles désepérément
C’est tout simplement la diversité des tailles, des formes et des couleurs, la virtuosité en vol de ces animaux,… qui ont amené certains d’entre nous à réaliser quelques clichés de « libellules » (les guillemets sont là pour nous dire que les libellules ne représentent qu’un des deux sous-ensembles des odonates, le deuxième étant celui des demoiselles !). Puis, comme tout un chacun, nous avons voulu mettre un nom à ces animaux. Pour ce faire nous nous sommes enrichis d’un ouvrage de détermination des imagos, Libellules (1997) de la Société française d’odonatologie. A partir de ce document de référence, des aides précieuses de Xavier Houard travaillant au parc régional de Basse Normandie, de Solène Dhermy et Pierrick Bouchaud, naturalistes et membres actifs d’une multitude d’associations, nous avons réussi à attribuer un nom à la plupart des sujets photographiés. Cette autoformation engendrée par notre curiosité nous incite maintenant à capturer les animaux indéterminables à partir de simples photos. En effet, des caractères « cachés » ou de petite taille, nous empêchent de les identifier avec précision.
Aujourd’hui, 7 personnes ont participé à cette activité. Alors pourquoi pas vous ! Si cela vous intéresse, sachez que :
L’ensemble des données recueillies est envoyé à l’association CERCION qui dresse l’inventaire des odonates de Normandie. Enfin, n’oubliez pas de noter la date, le département, la commune, le lieu-dit, le milieu ainsi que vos observations (ponte, nombre,…) si vous estimez que ces dernières sont importantes.
Le premier bilan de cette activité nous indique que 27 espèces d’odonates ont été photographiées en 2006 et 2007 sur le bassin versant de la Sienne. Parmi ces espèces, deux sont particulièrement intéressantes. Le gomphus à pinces (Onychogomphus forcipatus) et la cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii).
Le gomphus à pinces (Onychogomphus forcipatus) :
Observé sur la commune de Cérences en aval du bourg de Cérences (2006), sur les berges de la Sienne et au moulin de Guelle situé sur cette même commune (2006 et 2007), cette espèce est peu fréquente au nord de la Loire et donc dans le département de la Manche où celle-ci a été repérée à 3 endroits.
La cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii).
De toutes les espèces identifiées jusqu’à aujourd’hui par notre association, c’est celle qui représente le plus grand intérêt car cette espèce est protégée au niveau national et européen.
Nous avons eu la chance d’observer cet animal sur les berges de la Bérence (Gavray (Cérences) en 2006 et, sur les berges de la Sienne et de la Soulles (Ouville et Bricqueville La Blouette ) en 2007.
Cela dit, parmi les autres espèces recensées, certaines n’en demeurent pas moins intéressantes car, après consultation du bulletin annuel de liaison du Collectif d’Etudes Régional pour la Cartographie et l’inventaire des Odonates de Normandie (CERCION), il ressort que certaines sont plus difficiles que d’autres à observer :
L’aeschne mixte (Aeshna mixta) identifiée en 2006 aux Etangs de Montaigu et en 2007 sur les bords de Soulles (Bricqueville La Blouette )
L’aeschne paisible(Boyeria irene), photographiée à Saint Denis Le Vêtu en 2006 et 2007
L’agrion délicat (Ceriagrion tenellum) observé dans une prairie à joncs et à iris rivulaire de la Sienne (Ver)
L’agrion mignon (Coenagrion scitulum) observé en 2006 sur les berges du Vesly (Savigny) et en 2007 sur un bras mort de la Soulles (Bricqueville La Blouette )
L’orthétrum brun (Orthetrum brunneum) identifié en 2006 sur la Bérence (Gavray) et en 2007 sur le Foulbecq (Belval)
L’agrion orangé (Platycnemis acutipennis) photographié sur la Sienne au moulin de Guelle (Cérences) en 2006 et à l’étang de Montaigu en 2007.
Et toutes celles qu’il nous reste à repérer.
Les autres espèces observées sont :
Le caloptéryx éclatant (Calopteryx splendens), le caloptéryx vierge (Caloptéryx virgo), l’aeshne bleue (Aeshna cyanea), l’anax empereur (Anax imperator), le leste vert (Lestes viridis), l’agrion jouvencelle (Coenagrion puella), la libellule écarlate (Crocothemis erythraea), l’agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum), le gomphus joli ou gentil (Gomphus pulchellus), le gomphus vulgaire (Gomphus vulgatissimus), l’agrion élégant (ishnura elegans), la libellule déprimée (Libellula depressa), l’orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum), l’agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes), la petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) et le sympétrum roug sang (Sympetrum sanguineum).
Un altas cartographique des odonates du bassin versant de la Sienne sera prochainement constitué à partir de notre banque de données.
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26.09.2007
Les sources de la Sienne, un refuge pour les macroinvertébrés aquatiques de ce bassin versant
Dimanche 23 septembre, alors que certains partaient fusil en main à la recherche d’un gibier, un petit groupe d’hydroscopiens (membres de l’association L’Hydroscope) se dirigeaient vers les sources de la Sienne , dans le cadre d’une formation de bénévoles soutenue financièrement par la DDJS. Cette première journée de formation intitulée « De la bestiole au macroinvertébré » avait pour objet de dévoiler quelques secrets au monde aquatique.
Après un échange sur les rôles de la forêt dans le cycle de l’eau et une présentation générale d’un cours d’eau allant de sa définition à la notion de microhabitat, notre groupe, équipé de bassines, d’épuisettes,… se mit en quête de cette macrofaune épibenthique (représente l’ensemble des êtres vivant sur le fonds du cours d’eau et dans les premiers centimètres des sédiments). Une seule station fut explorée : mousse, feuilles et branches mortes, blocs, cailloux, … furent prospectés afin d’en extraire avec délicatesse l’éventuelle macrofaune aquatique.
C’est dans le bâtiment de l’Entente Interdépartementale du barrage du Gast, mis gracieusement à disposition par son président, Monsieur Guillou, que nous commençâmes à observer cette vie qui grouillait au fonds de notre bassine. Pour cela, nous disposions d’une loupe binoculaire (x20), de loupes manuelles (x10) et de clés de détermination simplifiées (www.insektor..., Virginie Archaimbault – AFL/CEMAGREF) ou détaillée (Invertébrés d’eau douce d’Henri Tachet (CNRS)).
21 taxons furent mis en évidence, chacun de ces taxons représentant une espèce animale. Ces animaux se répartissaient de la façon suivante: 3 plécoptères appartenant à 3 familles différentes, 3 éphéméroptères appartenant également à 3 familles différentes dont celles des Heptageniidae et des Ephemeridae, 3 trichoptères sans fourreau appartenant encore à 3 familles différentes (Hydropsychidae, Rhyacophilidae, ?), 3 trichoptères avec fourreau, 2 diptères appartenant respectivement à la famille des Simulidae et à la famille des Chironomidae, un coléoptère adulte de la famille des Elmidae, une odonate de la famille des Calopterygidae, un crustacé de la famille des gammaridae, un gastéropode pulmoné de la famille des ancylidae, un hydracarien, un ver oligochète, un turbellarié.
Malgré l’insuffisance de notre connaissance et de nos moyens de prospection et d’observation, notre travail d’apprenti hydrobiologiste met en évidence un milieu excessivement riche qui mérite d’être étudié et suivi dans le temps, d’autant plus que la multitude de jeunes larves a rendu difficile la détermination de celles-ci car elles ne possédaient pas tous les critères anatomiques nécessaires à leur identification. Bref, cette journée a largement rempli les attentes de chacun d’entre nous et nous incite à poursuivre cette autoformation.
Comme certains bénévoles ne pouvaient pas se libérer pour cette journée, une seconde journée, identique à celle-ci leur sera prochainement proposée. Puis il faudra attendre les mois d’avril et mai 2008 pour réaliser les deux autres journées de formation
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