23.10.2009

C'est sûr, la pelleteuse ça fait du bon boulot

Cet article est à relier à celui dont le titre est similaire: "la pelleteuse,ça fait du bon travail" (dossier 32 mots et images aquatiques) et à l'album photo "C'est sûr, la pelleteuse ça fait du bon boulot". Une fois de plus, cet évènement peut être considéré comme anecdotique voir positif car son objet est d'améliorer la qualité paysagère d'une propriété. Or, il apparaît que ce coup de "canife" supplémentaire est une source de perturbation affaiblissant l'un des derniers refuges du saumon atlantique et de la mulette perlière à savoir l'Airou.

03.05.2009

La pelleteuse, çà fait du bon travail !

Ce texte est "illustré" par l'album photos du même nom.
La pelleteuse est un outil efficace puisqu’avec un peu de pétrole on peut rectifier les cours d’eau, réaliser des fossés… Mais au fait pourquoi le fait-on ? Ah oui, pour « faire propre ». C’est vrai, les orties, les ronces, l’aubépine, le prunellier, çà fait sale. Et puis, vous savez, des parcelles trop humides, à l’heure où l’on parle de réchauffement climatique, c’est malsain. Une invasion de moustiques ou de toute autre espèce porteuse de maladie est si vite arrivée. Il vaut mieux prévenir...
Remercions ces aménageurs de notre environnement d’avoir restauré presque 2 kilomètres de cours d’eau et de fossés. A cela, il faudrait rajouter ceux qui n’ont pas été photographiés, ceux qui ont été rénovés les années précédentes et ceux qui le seront au cours des prochaines années. Sans ce geste citoyen, la nature serait trop foisonnante de vie et çà ce n’est pas bien, l’homme n’en serait plus le maître. AU fait, qui a dit, nous n’avons plus le droit d’ignorer ?
Certains vous diront : pourquoi être aussi virulent ? Cela reste négligeable par rapport aux centaines de kilomètres de cours d’eau du bassin versant Sienne-Soulles, cela ne vous empêche pas d’avoir du saumon, tout ne va pas si mal que vous le prétendez, et puis vous savez, les agriculteurs, ils ont bien d’autres soucis alors,… Alors, continuons à jouer à la politique de l’autruche, à participer à amplifier la 6ème grande vague d’extinction de la planète et les générations futures sauront être fières de nous.


17.10.2008

Un saumon agresse un promeneur sur les berges de la Sienne

« Samedi 11 octobre 2008, vers 17h00 alors que M. X se promenait le long de la Sienne afin de profiter de cette journée estivale, un saumon jaillit hors de l’eau et, à la plus grande surprise du randonneur, termina sa chute dans ses jambes. Fauché latéralement M. X tomba alors que notre saumon, se débattant dans l’herbe, tentait de regagner le cours d’eau d’où il s’était propulsé. »

Cette histoire, digne d’un poisson d’Avril, s’inspire d’une scène de vie véridique. En effet, samedi 11 octobre, un petit groupe de photographes de l’Hydroscope avait une mission impossible à remplir. Photographier un saumon sautant hors de l’eau sur une zone calme et profonde de la Sienne.

111008.jpgPour atteindre cet objectif insensé, nous avions au préalable repéré un secteur de cours d’eau propice à réaliser cet exploit. Chacun d’entre nous s’installa en un point précis de la zone retenue. Quelques sauts de saumons vinrent entretenir notre motivation. Cependant, ces sauts se produisaient de façon aléatoire et cela aussi bien dans le temps que dans l’espace. C’est ainsi que vers 17h00 un castillon surgit à un mètre de la berge où était installé l’un d’entre nous. A la différence du fait divers imaginé, celui-ci termina sa course contre da berge à moins d’un mètre du trépied du photographe. Bien sûr, ce saumon ne fut pas photographié car son saut était en dehors du champ de vision de l’appareil photographique.

En conclusion, dans l’intérêt du saumon, nous espérons que le titre de l’article ne se transforme pas en rumeur. Cela dit, notre mission fut totalement remplie, comme l’indique la photo. Peut-être était-ce ce saumon « star » qui voulut ,sur un coup de folie, rendre visite à notre photographe ?

25.11.2007

Rendez-vous manqués

Rechercher un animal aussi discret que le saumon exige une présence constante le long de la rivière.
Plusieurs stratégies sont mises en place selon les caractères de chaque personne. Il y a ceux qui courent partout en espérant que l’animal a une activité constante sur le lieu prospecté. Il y a ceux qui restent en point fixe en se disant : il est passé par ici, il passera par là. Bref, en dépit des efforts des uns et des autres les rencontres sont rares, fugaces.

Etre constamment présent reste une utopie car lorsque l’animal se montre enfin, les obligations imposées par les activités professionnelles et familiales réduisent encore ce temps de rencontre.f99a8502cc202ba8a9a84e787da30f8d.jpg
Même la période de l’année semble se liguer contre nous. En effet, c’est en automne et au début de l’hiver que les animaux adultes sont les plus actifs. Or, en octobre, novembre et décembre, la durée du jour diminue à une vitesse vertigineuse. Comme si cela ne suffisait pas, un soleil traçant des courbes de plus en plus rasantes, augmente l’ « effet miroir » à la surface de l’eau réduisant la probabilité de voir l’animal.
Doit-on parler des conditions hydrauliques qui peuvent effacer tout espoir d’observer Salmo salar, d’une température trop basse rendant l’animal inactif et donnant l’impression que la vie a déserté le cours d’eau.
Doit-on se plaindre de cette situation ? Non, bien au contraire. La survie d’une espèce est étroitement liée à sa discrétion. Le cycle de vie du saumon atlantique en est la parfaite illustration. Félicitons-nous de la difficulté à rencontrer cette espèce emblématique où seuls les mots persévérance, constance garantissent quelques fois cette rencontre inoubliable avec ce salmonidé que certains appellent poisson-roi.

08.07.2007

Notre rencontre avec Nemophora degeerella L, la coquille d’or

e06c7327d1f6122767ee7cad3e459f23.jpg Bien que commun pour l’enthomologiste (gr*. Entomon = insecte  et logos = science) cet animal, au nom latin à la prononciation hasardeuse, est la coquille d’or. Si la première dénomination peut agir sur nous comme un répulsif en faisant fuir notre curiosité, la seconde nous ramène aux contes de notre enfance et nous incite à regarder cet insecte de plus près, à mieux le connaître. Bref, deux appellations : l’une sombre, l’autre pleine de lumière. Le jour et la nuit ! Ce qui est malgré tout normal lorsqu’il s’agit d’un papillon.
Cet animal se rencontre au bord des bois de mai à juillet. Les mâles, de par la danse qu’ils effectuent généralement au soleil près des buissons et des arbres à feuilles caduques, peuvent constituer de gros essaims qui attirent l’attention du promeneur. Pourquoi alors s’attarder sur cet animal puisqu’il ne semble avoir aucun lien direct avec l’objet de ce blog centré sur la diversité biologique aquatique ?
Si aujourd’hui nous avons envie de vous parler de ce lépidoptère (gr. Lepis ou lepidos = écaille et pteron = aile) c’est à cause de ses  ailes disposées er forme de toit, sa petite taille et ses antennes démesurées  qui lui donne des airs de trichoptères, ces insectes qui ont des poils (gr ; trichos) sur les ailes (gr. pteron), appelés phryganes par les pêcheurs (gr. Phruganon = bois sec ou fagot). Une fois de plus, deux noms différents pour parler des mêmes animaux : le premier caractérise l’adulte ; le second décrit la larve qui a la particularité de construire avec des éléments minéraux ou végétaux ou animaux variés un fourreau dans lequel elle s’abrite. Les pêcheurs la connaissent également sous le nom de porte-bois ou de traîne-bûches. Comme quoi, la plupart des pêcheurs sont capables de donner la signification du mot phrygane sans le savoir.
Chose étonnante en relation étroite avec notre larve de trichoptère, la chenille de la coquille d’or, se développant dans les feuilles de végétaux herbacés dans un premier temps, poursuit ensuite sa croissance sur le sol de la forêt, dans un fourreau formé de débris végétaux. Ce n’est pas le seul papillon a avoir adopté ce type de vie larvaire. En effet, la chenille jaunâtre d’Adela reaumurella vit dans un fourreau de fragments de feuilles parmi la litière forestière.
Nous espérons que ce petit texte ne vous aura pas fait perdre votre latin. Enfin, peut-on conclure en disant qu’une écaille n’est qu’un simple poil écrasé  traduisant toute la subtilité et la diversité du monde vivant ?
*gr. = vient du grec

18.05.2007

La chasse aux libellules

0ab88ead783f09021f361657c9f1f1a1.jpg     Si un jour vous apercevez deux personnes déambuler le long de la Sienne et de ses affluents ou prospecter une friche rivulaire armées de filets, prenez le temps d’aller à leur rencontre car ce sont des chasseurs de libellules mais auparavant observez les!
La multitude des circonvolutions dessinées par leurs filets et les déplacements de ces prospecteurs de vie laissent supposer la présence de libellules aux comportements divers.

    Certaines, au vol léger mais hésitant se capturent d’un simple revers ou d’un simple coup droit d’ « épuisette ». Ces animaux, à l’apparence fragile, portent le nom de demoiselles. Parmi celles-ci vous aurez peut-être la chance d'attraper la naïade au corps vert, la déesse précieuse, l’agrion gracieux, l’agrion mignon, la petite nymphe au corps de feu,… Arrêtons-là l’énumération de ces sylphides. Elles risqueraient de vous faire perdre la raison.
Si ces animaux s’attrapent sans grande difficulté il n’en est pas de même lorsque vous vous risquez à identifier medium_Sympetrum_rouge_sang_male_1.2.jpgl’une de ces petites bêtes ; Pour cela, il faudra vous munir d’une loupe (x10), d’une clé de détermination et de beaucoup de patience.

D’autres, les libellules, au vol assuré et rapide, vous donneront le sentiment fort justifié que le règne animal  maîtrise depuis la nuit des temps les déplacements aériens. Pour capturer ces animaux, plusieurs solutions s’offrent à vous :
- Les attraper à la volée en tentant de les poursuivre ou en leur tendant une embuscade après avoir deviné quel sera le couloir aérien le plus fréquemment utilisé
- Attendre que l’animal se pose à faible hauteur et le plaquer au sol à l’aide de votre filet  Cependant, vous ne réussirez dans votre entreprise que si la chance vous sourit. Cela dit, la récompense sera à la hauteur de votre persévérance. Ces danseuses aériennes vous dévoileront alors leur identité : aeschne paisible ; aeschne mixte, libellule déprimée, cordulie à corps fin, anax empereur, gomphe à pinces…

medium_Petite_nymphe_au_corps_de_feu_1.jpg    Enfin, si vous n’avez pas de filet, vous pouvez toujours capturer ces animaux à l’aide de votre appareil photo ou de votre caméscope. Il vous sera alors plus difficile de nommer l’animal mais en contre-partie votre cliché aura rendu éternel cet animal condamné à mourir avant la fin de l'hiver. De plus, la beauté et le charme de ces insectes graciles vous auront entraîné dans un univers extraordinaire. (Voir l’album photos)

25.04.2007

Les smolts 2007 dévalent vers la mer

Depuis quelques jours les juvéniles de saumon ont entrepris leur dévalaison vers la mer. Cependant, ce voyage n'a rien de touristique car il est semé d'embûches. La plus importante d'entre elles correspond au franchissement des seuils de microcentrales en activité (voir dossier "Alors, il y en a?" et la note "En 2005, 18000 tacons...)

En effet, lorsque les smolts arrivent dans l'environnement immédiat d'une turbine en fonctionnement, ils se trouvent désorientés par le courant, les remous et les vibrations engendrés par la turbine. ils entreprennent alors une ronde acyclique les amenant à se déplacer transversalement le long de la grille et à prospecter inlassablement cette partie amont. Plusieurs heures peuvent s'écouler avant que le groupe, aimanté par la mer, décide de s'engager soit dans l'échelle à ralentisseurs plan, soit dans la turbine.

Aujourd'hui de 11h00 à 14h30 nous eûmes l'occasion d'observer cette situation. Les eaux étaient claires, la brise était trop légère pour prétendre rider la surface de l'eau. Bref, les conditions étaient excellentes. Au cours de la première heure, nous vîmes un petit groupe de quelques individus traverser la grille. L'ont-ils retraversé? Peut-être mais nous ne l'avons pas constaté. Puis 2 juvéniles longèrent à leur tour la grille sans la traverser en effectuant une nage saccadée. Cependant. la soudaineté et la briéveté de leur apparition ne nous permirent pas de prendre des photos. Ce n'est que lorsque nous décidâmes de partir qu'un autre contingent de smolts composé de quelques individus apparut. Au fur et à mesure que le temps s'écoulait de nouveaux saumons vinrent se joindre au groupe de telle sorte que celui-ci finit par atteindre une centaine d'individus (nombre comptabilisé à partir d'un arrêt sur image visualisé sur un écran de TV). Cet essaim, où chaque individu se fond dans le groupe, se déplaçait face au courant devant la grille pour redevenir compact à l'angle de la grille et du mur; puis, ce nuage s'éclatait dans un remous pour se reconstituer quelques secondes plus tard. De temps en temps, un saumoneau sautait hors de l'eau comme pour nous rappeler que ce comportement inné n'attendait pas le nombre des années pour s'exprimer. Lorsque nos 2 pellicules furent épuisées nous quittâmes les lieux en espérant que cette troupe fébrile fasse le bon choix.

Souhaitons que cette microcentrale soit prochainement mise aux normes. Un observatoire pourrait voir le jour sur ce site. C'est en tout cas la proposition de la commission saumon de la Sienne. Ce local permettrait d'apprécier pleinement la dévalaison de ces animaux sans avoir la crainte de les imaginer arrêtés par les pales de la turbine.medium_Exophtalmie12_27_04_2007.jpg

Une première série de photos a été mise en ligne ans l'album "Il était une fois le 22 avril"

Depuis cette date jusqu'au 11 mai d'autres smolts ont suivi cette première vague de migrants.  Un smolt atteint d'exophtalmie a été observé (photo et album) le 27 avril. Selon Arnaud Richard, ingénieur à l'ONEMA, ce symptôme pourrait être consécutif à une surpression subie par l'animal au cours de son passage dans une turbine de microcentrale située plus en amont.